La Côte d’Ivoire est aujourd’hui le premier producteur mondial de noix de cajou, avec une production annuelle qui dépasse les 1,2 million de tonnes. Cette culture, également appelée anacarde, constitue un secteur stratégique pour l’économie du pays, employant des centaines de milliers de producteurs et générant d’importants revenus à l’exportation.
Un secteur en pleine expansion
L’anacarde est cultivé principalement dans le nord du pays, notamment dans les régions de Korhogo, Boundiali et Odienné. Grâce à des conditions climatiques favorables et à un sol adapté, la Côte d’Ivoire a su tirer profit de cette culture pour diversifier son économie agricole, historiquement dominée par le cacao et le café.
L’État ivoirien, conscient du potentiel de l’anacarde, a mis en place des réformes pour structurer la filière. Le Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA) régule ainsi la production et la commercialisation afin d’assurer une meilleure rémunération aux producteurs et d’attirer davantage d’investissements dans la transformation locale.
Les défis de la transformation locale
Malgré son rôle majeur sur le marché international, la Côte d’Ivoire exporte encore la majorité de sa production sous forme brute, notamment vers l’Inde et le Vietnam, où les noix sont transformées avant d’être revendues sur les marchés mondiaux. Cette situation entraîne un manque à gagner pour le pays, qui cherche à développer son industrie locale de transformation.
Dans cette optique, plusieurs initiatives ont vu le jour pour encourager la transformation sur place. L’ouverture d’unités industrielles et la promotion de petites et moyennes entreprises spécialisées dans la transformation des noix de cajou visent à augmenter la valeur ajoutée du produit. L’objectif du gouvernement est d’atteindre un taux de transformation locale de 50 % d’ici 2025, contre environ 10 % actuellement.
Un enjeu social et environnemental
Outre son importance économique, la culture de l’anacarde joue un rôle clé dans la lutte contre la pauvreté en milieu rural. Elle représente une source de revenus stable pour de nombreux agriculteurs et favorise l’autonomisation des femmes, souvent impliquées dans la récolte et la transformation artisanale.
Cependant, la filière doit faire face à certains défis environnementaux, notamment la gestion durable des plantations et la lutte contre la déforestation. Des initiatives de reboisement et d’agriculture durable sont encouragées pour préserver les terres agricoles et assurer la pérennité de la production.
Perspectives d’avenir
Avec une demande mondiale en constante augmentation et des efforts accrus pour développer la transformation locale, l’avenir de la filière anacarde en Côte d’Ivoire semble prometteur. En renforçant les infrastructures industrielles et en améliorant les conditions de travail des producteurs, le pays pourrait consolider sa position de leader tout en maximisant les bénéfices tirés de cette culture stratégique.
Le défi majeur reste donc d’assurer une meilleure valorisation locale de la noix de cajou afin de rendre la filière encore plus profitable pour l’économie ivoirienne et ses acteurs.














