L’ancien ministre du Commerce et cadre influent du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), Jean-Louis Billon, a récemment ravivé le débat national sur la question foncière en Côte d’Ivoire, appelant à une réforme profonde et équitable du système de gestion du foncier rural et urbain.Lors d’une conférence-débat, Jean-Louis Billon a dénoncé la complexité et l’inefficacité actuelles du cadre légal régissant la propriété des terres. Il a notamment mis en lumière les conflits récurrents liés à la terre, en particulier en zone rurale, qui continuent d’empoisonner le climat social et freinent l’investissement agricole.« Tant que la terre ne sera pas sécurisée pour tous, nous ne connaîtrons ni paix durable, ni développement véritable », a-t-il affirmé devant un parterre de juristes, d’élus locaux et de représentants d’organisations paysannes.Jean-Louis Billon s’est dit favorable à une modernisation des procédures d’enregistrement des terres, à une transparence accrue dans l’attribution des titres fonciers, ainsi qu’à une plus grande implication des communautés locales dans les décisions foncières. Il a également souligné la nécessité de mettre fin aux ventes illégales de terrains et à la spéculation abusive qui gangrènent les zones périurbaines.La problématique du foncier reste un enjeu central en Côte d’Ivoire, où environ 98 % des terres rurales ne sont pas immatriculées selon les chiffres du ministère de l’Agriculture. Cette situation alimente des litiges entre autochtones, allochtones et étrangers, parfois avec des conséquences dramatiques.Certains observateurs voient dans la sortie médiatique de Jean-Louis Billon une volonté de se repositionner sur l’échiquier politique en vue des prochaines échéances électorales. Pour d’autres, il s’agit d’un appel sincère à poser les bases d’une réforme structurelle urgente, longtemps retardée pour des raisons politiques.Quoi qu’il en soit, sa prise de position relance un débat crucial. Le gouvernement, de son côté, a annoncé un projet de modernisation du cadastre et la numérisation des titres fonciers, sans pour autant proposer un calendrier précis.Jean-Louis Billon conclut :« La terre, c’est notre patrimoine commun. Nous devons garantir à chaque Ivoirien le droit à la propriété dans la paix et la justice. »














